Tambouctou: d'accord pour..."le maintien" mais n'est-il pas temps de passer à la "diffusion" du savoir ?


L'écrit porteur de mémoire ?

Pourquoi l'écrit ? L'importance de l'écrit est en raison dû à sa capacité à traverser le temps et les époques. Contrairement à l'oral, qui est le commencement, l'écrit permet de susciter la réflexion, remuer la pensée et prendre du recul. 
L'écrit permet de méditer après avoir intégré les différentes données apprises. Ranger, classer, ordonner les idées sont facilités par la mise sur papier. L'écrit complète la culture orale sans se substituer à elle.

La dimension sacralisée du savoir

Cet aspect "administratif" prends source dans l'idée sacrée du "calame" qui inspire l'Homme à porter la connaissance afin d'être portée à elle. C'est pourquoi un récit prophétique relate: "Celui qui prend le chemin de la connaissance, Dieu -Exalté soit-Il lui aplanit le chemin qui mène au paradis".

Aujourd'hui, compte-tenu des manuscrits du passé qui sont dans les bibliothèques et dispersés dans les maisons en Afrique de l'Ouest et Sahel (A Tambouctou mais aussi ailleurs) par exemple datant de l'époque andalous -avant et après- il est essentiel et urgent d'adopter un plan d'action, de sauvegarde, et entamer la diffusion directe de ces savoirs qui sont des puits de connaissances trans-disciplinaires. (On y retrouve autant des traités d'astronomie, que des règles de commerce, de la gestion des litiges, à la poésie).

Les domaines abordées sont larges et le contenu de "haute érudition". C'est dire le besoin de nos sociétés musulmanes d'user de ces connaissances aujourd'hui pour le développement de l'Homme en général et du Croyant en particulier. 

L’objectif de la "sauvegarde" n'est pas de déplacer à l'infini des bibliothèques ces milliers de manuscrits (Trésors de l'islam) (même si depuis 2012 concernant Tambouctou ils ont été réunis à Bamako) mais d'être promus à des objets d'études et non plus des objets de "tourisme culturel" comme nous l'avions trop fait à des époques antérieures ("Livres-musées", "fascination", etc). Cette diffusion peut se faire par une approche académique (Universitaire, institutions privées...) de manière vulgarisée (pour rendre certaines sciences plus accessibles) ou en coaching-accompagnement.

D'abord reproduction, ensuite, traduction

Majeure aussi est la prise de conscience que la langue arabe (qui est la langue coranique) est le canal de diffusion par excellence d'un certain nombre de savoirs et qu'il convient au-delà de la traduction d'assurer une reproduction dans la même langue de l'ensemble de ces œuvres.

(Ensuite, la langue arabe a été durant des siècles la langue de la connaissance sacrée -car le Saint-Coran a été révélé en langue arabe- mais aussi profane, qui ont permis l'éclosion des traités scientifiques, économiques, artistiques aujourd'hui exploitées par l'Humanité; l'arabe étant une langue parfaitement préçise dans la véhicule des idées)

Enfin, comme précédemment cité, la culture écrite ne supplante pas la culture orale, mais la complète, la solidifie pour qu'elle puisse se perpétrer par delà les époques. 

Le maintien des livres n'est pas une question d'ordre politique (comme on le pense trop souvent, mais une question d'éveil et de conscience de ce que nous possédons)...en vérité, elle la dépasse, elle est civilisationnelle et accessible: ce que nous transmettent les anciens en tant que patrimoine ne sont ils pas une clé de notre avenir en tant que peuples ?

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