03 septembre 2016

Musulman d’Orient et d’Occident : de la culture au langage


Et si nous mélangions trop souvent  « culture » et « religion » ? Essayons de distinguer et rappeler simplement leur définition, pour permettre un meilleur dialogue dans notre société. Essayons. La "religion" est liée à la spiritualité de chaque individu ou bien à un groupe de personnes. Le mot "religion" en français n’existe pas dans son équivalent en "arabe". C'est le mot "dîn". Le mot « dîn » englobe un champ large qui va : de l’individu à la société, mais aussi toutes les interactions entre les individus et la société. Cela va donc du comportement du croyant, jusqu’à la manière dont il va s'occuper de ses affaires commerciales ou personnelles. Le mot « religion » en français n'est donc qu’une partie du mot « dîn » en arabe. Cela étant dit, la culture est donc intégrée à la religion selon la conception musulmane du monde. L’islam donc embrasse la ou les cultures. Rappelons que selon la religion, toute culture est disons « nutritive » lorsqu’elle porte les valeurs de la religion. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est au croyant d’aller puiser ce qui est « nutrititif » dans cette autre culture.
L’Homme évolue dans la société dans laquelle il vit, avec une ou plusieurs cultures, tout en conservant son identité musulmane. On peut distinguer, par exemple, aujourd’hui les musulmans d’Orient et les musulmans d’Occident. Leurs cultures sont différentes. Leur appartenance à l’Islam est le même.

C’est lorsque sont identifiés ce qui est culturel en l’Autre, qu’il est plus aisé de dialoguer. Ce qui sépare est plus souvent lié à la culture, ce qu’on appelle dans le langage familier « la mentalité ».

En fin de compte, c’est l’Humain, et le dénominateur commun, la religion, « dîn », qui permet de construire une discussion, dans ce cas, entre le musulman d’Orient et d’Occident.  Ce que l'on pourrait appeler : "un dialogue intérieur"!

La culture, ainsi devient un « langage » en soit. Ce qui définit alors l’Homme prend alors un double sens : son identité humaine, et son identité spirituelle, c’est-à-dire sa religion, (qui donne sens à son identité humaine).  Donner une importance démesurée à la dimension stricto-culturelle empêche le dialogue. La dimension du cœur prend alors tout sens. Si le langage est « culture », la seule langue au demeurant est celle du cœur. Elle ne se quantifie pas et se situe de manière transversale à toutes les cultures, qu’elles soient d’Orient et d’Occident. Cette dimension de « l’âme » n’apparait pas dans les études, pourtant elle définit largement l’Homme, autant dans son rapport au monde, que dans son identité première et donc, son action.

Texte de 2013.