03 septembre 2015

« Patriarcat », « traditionalisme » et « conservatisme »


Analyse selon la conception religieuse musulmane.

« Patriarcat », « traditionalisme » et « conservatisme ». Trois mots lourds de sens et de conséquence dans le développement de la civilisation arabo-musulmane. La moralité et l'éthique lorsqu’elles imprègnent l’être et tout un peuple, le change vers ce qu’il y’a de meilleur, mais lorsqu’elles sont absentes ou de surface, produisent le contraire. Régression et archaïsme guettent alors toujours nos sociétés, où « tradition » peut verser facilement vers « traditionalisme ». Une tradition qui devrait libérer devient un chemin qui enferme. Le monde étant incertain, se recroqueviller vers les traditions peut être bénéfique, à condition que nous mettions la limite sur le plan légal religieux. Selon la conception musulmane, toute "tradition" (us et coutumes) qui transgresse la loi divine, devient une régression pour les Hommes et les peuples. C'est pourquoi, beaucoup de société dites "traditionnelles" ont péri au fil de l'histoire, n'en laissant que des vestiges, des légendes ou de sombres histoires. Une tradition qui attache sans cesse l’individu au lieu de libérer va contre l'esprit de la religion. "Rendez les choses faciles ne les rendez pas difficiles". (Hadith). Nous devons refuser ce retour du conservatisme, qui au nom de préserver, assimile et ramène à l'archaïsme.
Depuis tout temps, l’islam apporte la lumière, quelque soit l’époque mais aussi la géographie. Il libère l’Homme intérieurement, en venant justement l’éloigner des habitudes tribales qui l’ont cloisonné à un mode de vie, sans rêve, sans liberté, et in fine sans joie.
L’islam est venu libérer l’horizon des possibles pour donner à l’homme et à la femme, la possibilité de choisir son chemin, vis-à-vis de Dieu, et vis-à-vis des ses semblables.
Tout respect de la tradition ne doit pas cacher l’abus qui priverait les jeunes de permettre de s’accomplir librement à travers un une activité, un métier, un chemin nouveau, tant qu’ils se sentent en accord avec la voie de Dieu.
Les dangers perçus par l’Occident comme étant ceux de la religion, sont souvent issus d’un poids traditionnel, des « résidus » de fonctionnement « tribal », « conservatiste ».  L’islam adhère à la modernité, mais il n’adhère pas au modernisme, et c’est le même rapport démontré qu’il entretient vis-à-vis du « traditionalisme ».

Un verset rappelle d’ailleurs cette philosophie: « Nous avons fais de vous une communauté du juste milieu ». Coran. [Al Baqara- 143].
N’avons-nous pas besoin d’imaginer un monde où les traditions resteraient au service de la communauté de croyants, et de la communauté des Hommes ?
Si on regarde bien, est-ce que les sociétés « figées » dans le traditionalisme ont apporté beaucoup dans l’Histoire sur le plan moral, spirituel, culturel, ou artistique ? ou bien ne sont-ce pas plutôt les sociétés habitées par des « mouvements d’ouverture » par le biais des cultures, par l’échange et la coopération, qui ont fait naître le meilleur de ce bas-monde ?